[Publication] Dossier “Grèves et solidarités” de la revue Terrains & travaux

Le RT18 signale la parution du n°47 de la revue Terrains & travaux, dont le dossier consacré aux “Grèves et solidarités”  a été coordonné par Baptiste Giraud, Pauline Grimaud, Maxime Quijoux et Gabriel Rosenman.

Il est disponible sur la plateforme CAIRN :

Sommaire :

 

Les (re)configurations des ancrages de la grève, par Baptiste Giraud, Maxime Quijoux, Pauline Grimaud et Gabriel Rosenman 

Les soulèvements de la tech. Une grève dans l’industrie du jeu vidéo, par Chloé Lebas

La Caisse nationale d’action syndicale CFDT. À qui profite la caisse de grève ?, par Jean-Michel Denis

Faire de la grève de certain·es le combat de tou·tes ? Les caisses de grève comme dispositifs configurateurs de solidarité, par Gabriel Rosenman

Tenir sans le syndicat. La signification politique de la grève des dockers d’Anvers et de Gand (avril-juin 1973), par Elie Teicher

Solidarité ouvrière contre solidarité nationale ? Le Syndicat des travailleurs corses et la Confédération générale du travail face à la grève de la marine marchande (décembre 1986-janvier 1987), par Guillaume Genoud

La grève comme culture émergente : communauté et action collective, traduction du chapitre 5 du livre Cultures of Solidarity de Rick Fantasia

[Portrait de jeune chercheuse] Sarah Barrières, « Subversions. Le mouvement des travailleurs à l’épreuve du genre dans la révolution tunisienne »

Votre thèse, réalisée au sein du Centre Maurice Halbwachs sous la direction de Jocelyne Dakhlia et Sophie Pochic s’intitule « Subversions. Le mouvement des travailleurs à l’épreuve du genre dans la révolution tunisienne ». Quel est l’objet de celle-ci, en quelques mots ?

Ma thèse porte sur les dynamiques du mouvement des travailleur·ses tunisien·nes au cours du processus révolutionnaire amorcé en décembre 2010. Lors de cette conjoncture exceptionnelle, les mondes du travail ont été traversés par de puissantes mobilisations collectives. C’est notamment le cas des principaux secteurs de la sous-traitance internationale en Tunisie (textile, électronique, services), fortement impactés par la libéralisation du marché du travail et caractérisés par des conditions de travail extrêmement difficiles. Ces secteurs ont d’ailleurs enregistré le plus grand nombre de grèves en 2011.
A partir d’une enquête centrée sur les conflits du travail dans les entreprise sous-traitantes ou filiales de multinationales occidentales, ma thèse s’articule autour de la question des reconfigurations du mouvement des travailleur·ses dans la révolution : comment s’est-il transformé dans et par l’événement ? Comment a-t-il été affecté par des rapports de classe, de genre et de race en pleine renégociation ? Et comment le mouvement des travailleur·ses, subversif à de nombreux égards, a-t-il, en retour, eu des effets sur ces rapports sociaux ?
En somme, cette recherche vise à éclairer les temporalités, les espaces et les organisations du mouvement des travailleur·ses tunisien·nes, ainsi que la manière dont celui-ci a été façonné par des rapports sociaux consubstantiels, dans un contexte où les dynamiques de pouvoir ont été contestées et redéfinies. Continuer la lecture