[Programme du RT18] 11ème Congrès de l’AFS 2025 à Toulouse

Quelles négociations autour de l’articulation des temps sociaux sur les lieux de travail ? Session croisée RT18 X RT48

Mardi 8 juillet, 10 :00 à 12 :00, salle GS102

Animation : Cécile Guillaume, Marianne Le Gagneur et Laetitia Munzadi Mangay

  • Louise Banet-Rivet : « Être en phase avec notre temps ». La prise en charge croissante de la question de l’égalité entre les hommes et les femmes à la CFE-CGC
  • Maya Guerrand : S’engager pour la “conciliation”. Les réseaux féminins d’entreprises, acteurs de l’équilibre des temps de vie ?
  • Valerya Viera Giraldo : De “l’impossible conciliation” à l’impossible désindividualisation de la conciliation : une entrée confédérale
  • Marion Ink : Ce que les temporalités handi nous apprennent de la chrono-normativité du métier de chercheur-euse
  • Adam Piotrowski : Hybridation du travail et des temps sociaux : quelles négociations au sein de l’organisation pour tendre vers un agencement des temps sociaux personnalisé ?
  • François Schoenberger : Le mystère du consentement” au travail : l’individualisation radicale des résistances au travail dans les banques d’affaires

Ce que la question environnementale fait au syndicalisme

Mardi 8 juillet, 16 :30 à 18 :30, salle GS102

Animation : Anaïs Bonanno, Samuel Zarka

  • Arnaud Le Marchand : L’éolien en mer et les relations professionnelles
  • Florian Millet : L’écologique dans Solidaires : entre implication différenciée des syndicalistes et conflictualité masquée
  • Pauline Riffaud : Les CSE à l’aune de la « transition juste ». Conditions et effets de la mise en place de commissions environnement
  • Douglas Sepulchre, Jean Vandewattyne : Contester les dégradations écologiques dans les marges du champ syndical. Les ressorts d’oppositions syndicales à l’extension d’un aéroport de fret (Belgique)

Syndicalisme et politique : troubles dans l’autonomie ? Session croisée RT18 X RT34

Mercredi 9 juillet, 08 :30 à 10 :00, salle GS102

Animation : Emilien Julliard, Clément Petitjean, Gabriel Rosenman

  • Guillaume Genoud : “Ni un appoint ni un alibi” : le Syndicat des travailleurs corses et la construction d’une légitimité syndicale autonome (1984-1991)
  • Emma Nemesien, Tristan Haute : Rapports au syndicalisme et comportements et attitudes politiques en Belgique (1970-2014) : quelle “dépilarisation” ?
  • Melaine Robert : La fin des PTT en 1990 : une réforme produite à la croisée des champs politique et syndical
  • Thomas Vaïsse : Syndicalisme dans la fonction publique territoriale : le cas marseillais

Engagements environnementaux, syndicaux et partisans : quelle articulation des temps sociaux des militant-es ? Session croisée RT18 X RT34 X RT48

Mercredi 9 juillet, 10 :30 à 12 :30, salle : GS102

Animation : Emilien Julliard, Marianne Le Gagneur, Gabriel Montrieux, Océane Sipan, Nicolas Simonpoli, Valerya Viera Giraldo

  • Nathan Daligault : L’écologie intégrale à l’épreuve du temps : quelles temporalités chez les écologistes chrétiens ?
  • Zoé Haller : Genre et articulation des temps sociaux dans les syndicats enseignants
  • Lucas Lam : Le sacerdoce collectif de la députation : Tensions et combinaisons entre le mandat et la vie familiale des député-es français-es
  • Armelle Ripart : Bosser dans l’urgence climatique ? Quand militer et travailler s’entremêlent au sein d’une société coopérative d’intérêt collectif
  • Eugénie Valledor : Déstructuration des temps de vie et des relations sociales en contexte d’engagement auprès des personnes exilées aux frontières

Les relations professionnelles face aux inégalités sociales

Jeudi 10 juillet, 11 :00 à 12 :30, salle GS102

Animation : Tristan Haute

  • Chloé Hubert : Quand le pourboire est un salaire : évolutions de la rémunération au pourboire des croupier-ères de casino
  • Laetitia Munzadi Mangay : Les parcours professionnels des représentantes syndicales, quelles inégalités dans le secteur bancaire ?
  • Sophie Pochic, Delphine Brochard, Damien Cartron, Cécile Guillaume, Naoual Krieche-Amguine, Charlotte Vampo : La féminisation des représentant-es du personnel fait-elle une différence ? Premiers résultats d’une post-enquête REPONSE 2023

Les environnements de travail au prisme des relations professionnelles

Vendredi 11 juillet, 11 :00 à 13 :00, salle GS102

Animation : Emilien Julliard, Laetitia Munzadi Mangay et Nicolas Simonpoli

  • Louis-Marie Barnier : Les dispositifs en entreprise de la santé au travail : objectifs d’égalité, vecteurs d’inégalités
  • Maëlezig Bigi, Heather Connolly, Jean-Paul Dautel, Jean-michel Denis, Mélanie Dufour-Poirier, Cécile Guillaume, Frédéric Rey, Jean Vandewattyne : La santé militante saisie au prisme de la dégradation des environnements professionnels et syndicaux
  • Juan Sebastian Carbonell, Angelo Moro, Benjamin Ferschli : Pourquoi les travailleurs ne brisent-ils plus les machines ? Produire le consentement au changement technologique dans l’industrie automobile européenne
  • Karen Rossignol : Enquêter pour prévenir : les enquêtes-accident du CSE en pratique(s) pour analyser les accidents du travail et agir pour les éviter

[Appel du RT18] 11ème Congrès de l’AFS 2025 à Toulouse

11ème Congrès de l’AFS, « Environnement(s) et inégalités »

Toulouse, 8 au 11 juillet 2025

_________________________________________________________________________

Appel à communication du RT 18 – Relations professionnelles

À l’occasion du XIe congrès de l’AFS, le RT 18 appelle des communications qui prennent au sérieux le positionnement des différents acteurs des relations professionnelles – travailleurs et travailleuses, mobilisées ou non, syndicalistes, direction d’entreprises, pouvoirs publics, militant·es des organisations patronales, etc. – face aux enjeux environnementaux et plus largement aux enjeux de travail au sein d’un environnement mêlant nature et société. Cet appel prend sens au regard de discours dominants – y compris savants –, qui tendent à désigner les êtres humains, en général, comme cause de destruction des conditions d’habitabilité de la Terre, plutôt que le capitalisme en tant que mode de production spécifique et historiquement situé. En opposition à l’idée d’anthropocène, synonyme de destruction de l’environnement naturel, les courants écomarxistes préfèrent parler d’ère capitalocène, fondée sur l’exploitation du travail et de la nature. Cette perspective, qui recouvre des analyses diverses, a le mérite d’introduire des responsabilités différenciées selon les groupes sociaux et les pays, inscrits au sein de relations inégalitaires de domination et d’exploitation. De plus, elle permet de questionner la notion de « transition écologique » dans son acception dominante, faite de propositions technologiques et de moralisation de la consommation, comme autant de figures d’un verdissement du capitalisme. Au regard de ces considérations préliminaires, les acteurs des relations professionnelles paraissent en première ligne des tensions autour des bouleversements environnementaux actuels et à venir.

L’appel du RT 18 se décline en trois axes auxquels s’ajoutent trois sessions croisées avec d’autres réseaux thématiques : Ce que la question environnementale fait au syndicalisme (1) ; Les environnements de travail au prisme des relations professionnelles (2) ; Les relations professionnelles face aux inégalités sociales (3) ; Syndicalisme et politique : troubles dans l’autonomie ? (4) ; Engagements environnementaux, syndicaux et partisans : quelle articulation des temps sociaux des militant·es ? (5) ; Quelles négociations autour de l’articulation des temps sociaux sur les lieux de travail ? (6)

Continuer la lecture

[Colloque] “Questionnements Croisés sur le Renouveau Syndical” (RT18/RT25/RT30)

Colloque interdisciplinaire

Lieu : Amphithéâtre Georges Friedman, 2 rue Conté, 75003, (accès 33-2ème étage-salle 30).

Date : 14 et 15 novembre 2024

—————

Inscription (gratuite jusqu’au 1er novembre) et Programme

 

Ce colloque est organisé par les trois réseaux thématiques de l’association française de sociologie, “Relations professionnelles” (18), « Travail, organisations, emploi » (25) et  « Sociologie de la gestion » (30). 

Il est soutenu par trois institutions du Cnam, le Lirsa, le Lise et le Ceet ainsi que par les laboratoires Printemps (UVSQ/CNRS), le Centre Pierre Naville (Université d’Evry), les laboratoires Sage (Université de Strasbourg), l’IDHES et l’institut du travail (IDT) avec le soutien de l’AFS.

PRESENTATION DU COLLOQUE

Ce colloque explorera les reconfigurations contemporaines du syndicalisme en diversifiant les échelles d’observation : du niveau localisé de l’entreprise ou sectorisé de la branche professionnelle à l’échelle nationale, en France ou ailleurs, jusqu’au niveau international.

Nous souhaitons ainsi analyser les luttes sociales récentes aux États-Unis (dans l’enseignement ou l’automobile), en Allemagne (dans les transports) ou au Royaume-Uni (dans les transports, la santé, l’enseignement). Là encore, la dialectique entre déclin et réveil du syndicalisme suggère d’interroger le contexte de ces mobilisations, leur inscription dans des dynamiques longues, la contemporanéité de leur manifestation et les contingences qui les singularisent.

Si ces questions concernent les sociologues, elles font également écho aux recherches menées en histoire, en science politique, en économie, en science de gestion et en droit. Ce colloque est donc ouvert aux chercheurs et chercheuses de ces disciplines dont les travaux aident à dessiner un état des lieux.Il se déroulera de la manière suivante :

  • Une première journée sera dédiée
    • à des analyses d’ensemble de ce renouveau à l’échelle nationale autour de l’organisation d’une session d’intervention et d’une table ronde
    • aux communications afférentes à l’axe :
      • Le syndicalisme et l’action collective : quels enjeux et quelles recompositions ? 
  • Une seconde journée se composera :
    • des communications autour des axes :
      • L’écologie un nouvel enjeu syndical ?
      • Le syndicalisme à l’ère du numérique
    • et se clôturera sur une analyse d’ensemble de ce renouveau syndical à l’échelle internationale.

[Journée d’étude] “Négocier la transition juste. Acteurs, espaces et stratégies du dialogue social et environnemental” 25 juin 2024

Nous avons le plaisir de vous annoncer la Journée d’études “Négocier la transition juste. Acteurs, espaces et stratégies du dialogue social et environnemental” qui se tiendra le 25 juin 2024 à la MSH Paris Nord, organisée par le RT 18 et le GRT Dialogue social de l’AGRH.

Le programme est disponible ici : https://dysolab.hypotheses.org/4362

 

Portrait de jeune chercheur : Lucas Winiarski, «  À contresens dans la CGT ? Le déploiement entravé des comités CGT de privés d’emploi et précaires à l’échelle locale et confédérale »

Votre thèse, réalisée au sein du laboratoire Triangle sous la direction de Sophie Béroud s’intitule «  À contresens dans la CGT ? Le déploiement entravé des comités CGT de privés d’emploi et précaires à l’échelle locale et confédérale ». Qu’est-ce qui vous a intéressé sur ce sujet ?

Ma recherche s’est située dans la continuité de mon parcours universitaire. En Master 1 de science politique, mon travail s’est orienté vers les jeunes travailleurs engagés. En Master 2 en science politique, j’ai étudié la création du comité chômeur de Saint-Étienne. Mes travaux de recherches ont tous concerné des thématiques adjacentes : le chômage, la précarité, la politique et le syndicalisme « ouvrier », les mouvements sociaux, l’organisation et la mobilisation des travailleurs précaires.

L’objectif de ma thèse a été de compléter les travaux sur les dynamiques de mobilisation ou de non-mobilisation des précaires. Elle a visé à renseigner la façon dont les organisations syndicales, en l’occurrence la CGT, intègrent les composantes les plus instables du salariat et montre ce que cette intégration (ou difficile intégration) dit de leur capacité d’adaptation aux nouvelles réalités de l’emploi. Il s’agissait d’examiner l’organisation des chômeurs et des précaires au sein de la Confédération Générale du Travail, d’analyser les formes d’organisation des sans-emplois et des précaires, groupes souvent parlés et de donner à voir et à entendre une population qui apparaît peu au-devant de la scène. L’ambition de ma thèse était d’abord de combler le manque de connaissances scientifiques, sur les raisons de la « non mobilisation » de la catégorie sociale des travailleurs précaires. En effet ceux-ci auraient a priori tout intérêt à se syndiquer pour que leurs revendications bénéficient d’une caisse de résonance et, de leur côté, que les organisations syndicales auraient elles aussi « intérêt » à les organiser pour pouvoir se renforcer. Je souhaitais comprendre pourquoi une partie importante du salariat s’intégrait difficilement dans l’activité syndicale et où se situaient les éventuels freins et blocages.

Cette thèse interroge la place des travailleurs privés d’emploi et précaires au sein de la CGT à trois niveaux : au niveau individuel avec le parcours et les représentations entretenues par les militants, au niveau local via les comités de travailleurs privés d’emploi et précaires présents sur les villes et/ou les départements et au niveau national avec le Comité National des Travailleurs Privés d’Emploi et Précaires. Elle vise à analyser les effets de l’organisation de chômeurs à la CGT : les blocages, les résistances, le redéploiement sur de nouveaux secteurs d’activités, etc. Continuer la lecture

Portrait de jeune chercheuse : Anaïs Bonanno, « Des guichets aux contrôles. L’inspection du travail et ses publics dans la mise en conformité au droit »

–       Votre thèse, réalisée au sein du laboratoire Triangle sous la direction de Sophie Béroud et de Jérôme Pélisse, s’intitule « Des guichets aux contrôles. L’inspection du travail et ses publics dans la mise en conformité au droit ». Qu’est-ce qui vous a amené à travailler sur ce sujet (Votre intérêt scientifique, votre parcours, conditions matérielles telles que la nature de financement, etc.) ?

Au moment où j’ai commencé à réfléchir à un sujet de thèse, j’avais déjà effectué un mémoire de master 2 en sociologie du travail, sur les contrôleurs et contrôleuses de train de la SNCF. Je souhaitais continuer à faire de la sociologie du travail mais je voulais sortir de l’approche monographique qui avait alors été la mienne. C’était l’époque des mobilisations contre la loi Travail, qui, en laissant plus d’autonomie de négociation aux entreprises au détriment de la régulation juridique, a pu être analysée comme le point culminant d’un processus de désétatisation du droit du travail. Un certain nombre d’agents de l’inspection du travail et de leurs organisations syndicales étaient mobilisé·es contre cette réforme : à cette occasion, j’ai découvert leur métier et leurs prérogatives. J’ai été marquée par la position pivot des agents de cette institution entre les salarié·es et les directions d’entreprise, deux catégories d’acteur·ices des relations professionnelles situé·es de part et d’autre du contrat de travail. Prendre l’inspection du travail comme objet d’étude, et en particulier les quelques 2000 agents chargé·es du contrôle des entreprises, me semblait être une bonne porte d’entrée pour analyser les relations professionnelles dans les entreprises de droit privé, le rôle que l’État y joue, et la place que prend le droit comme répertoire d’action dans les pratiques des salarié·es, des représentant·es du personnel et des directions d’entreprise. L’année suivante, j’ai eu la chance d’obtenir un contrat doctoral, suivi de deux contrats d’attachée temporaire d’enseignement et de recherche, qui m’ont permis de financer cette recherche. Continuer la lecture

Portrait de jeune chercheur : Nicolas Simonpoli, “La Griffe Cégétiste : une sociologie historique de la reconversion professionnelle des cadres syndicaux de la CGT (années 1970-2010)”

Pouvez-vous nous présenter brièvement votre domaine de recherche et le sujet de votre thèse ?

Mes recherches s’inscrivent en sociologie du syndicalisme et des relations professionnelles. Plus particulièrement, je m’intéresse aux trajectoires des dirigeants syndicaux et, notamment, de ceux qui ont occupé une fonction de permanent, c’est-à-dire ceux qui, pendant une période donnée, ont consacré l’ensemble de leur temps de travail à l’action syndicale. Dans ma thèse, intitulée la Griffe cégétiste, soutenue en novembre 2020 à l’Université Paris Nanterre, je réalise une sociologie historique des reconversions professionnelles des dirigeants de la Confédération générale du travail des décennies 1970 à 2010.

Quelles ont été les principales découvertes ou contributions de votre thèse dans votre domaine de recherche ?

En m’intéressant aux reconversions des permanents, j’avais pour objectif de renseigner les parcours professionnels des dirigeants de haut niveau. C’est un pan relativement méconnu de la sociologie du syndicalisme. Si la littérature renseigne bien la manière dont des militants syndicaux sont pris dans un processus de professionnalisation qui les conduit à devenir « des professionnels » du syndicalisme, on sait finalement peu de choses sur la manière dont se déroule ensuite la carrière des permanents et, a fortiori, comment une partie d’entre eux sont conduits à se reconvertir. C’est donc cette question qui m’a intéressé.

Par ailleurs, poser la question des reconversions est également un moyen d’interroger à nouveau frais l’enjeu de la crise du syndicalisme, en l’abordant sous l’angle de ses conséquences sur l’organisation. On constate en effet que le rythme des reconversions s’accélère au milieu des années 1980, c’est-à-dire au moment où les organisations syndicales, confrontées à la baisse de leurs effectifs, n’ont plus les moyens financiers d’assurer un salaire à une partie de leurs cadres militants. La chute des adhésions entraine donc une conséquence organisationnelle qui n’a rien de simple à gérer parce qu’elle implique des hommes et des femmes qui se sont engagés durablement dans l’action syndicale. Continuer la lecture

[Publication] Deux dossiers de revues sur les pratiques et stratégies syndicales en France et à l’international

Le RT18 signale la parution de deux dossiers de revues auxquels ont contribué certain·es de ses membres et qui portent sur les pratiques et stratégies syndicales mais aussi patronales, tant en France qu’à l’étranger.

Le n° 30 de la revue Les mondes du travail propose un dossier intitulé « Travail, négociations, conflits : quelles recompositions ? » coordonné par Sophie Béroud et Jérôme Pélisse. Après un retour des deux coordinateur·ices en introduction sur le mouvement social contre la réforme des retraites du printemps 2023, les articles du dossier abordent les différentes réformes en matière de relations professionnelles qui se sont succédées en France à un rythme rapide au cours de la décennie 2010 et insistent sur la diversité de leurs effets sur les pratiques syndicales, voire patronales, en matière de négociation collective, de conflit ou, plus largement, de représentation.

Téléchargez ici le numéro intégral en PDF Les mondes du travail N°30, 2023

Le n°183 de la Chronique internationale de l’IRES revient sur diverses actualités syndicales aux États-Unis, en Grèce, en Autriche et en Allemagne.

Sommaire et articles en PDF de la Chronique internationale de l’IRES, N°183, 2023

Pour terminer, dans une note pour la Fondation Jean Jaurès, Cécile Guillaume et Frédéric Rey reviennent sur le travail syndical et notamment sur la fatigue grandissante qu’il engendre chez les militant·es, affaiblissant par là la démocratie sociale.

Télécharger ici la note La fabrique ordinaire de l’épuisement syndical, 2023.

[Publication] : 3 ouvrages de sociologie des relations professionnelles

Le RT18 signale la parution en cette rentrée 2023 de trois ouvrages en sociologie des relations professionnelles, fruits d’enquêtes collectives de longue durée.

Didry Claude (dir.), Face au covid, l’enjeu du salariat, Paris, La Dispute, 2023.

À partir d’une enquête sur sept secteurs d’activité menée pendant la pandémie liée à la Covid-19, cet ouvrage démontre à quel point les institutions du salariat – de la sécurité sociale au syndicalisme – se sont avérées indispensables pour protéger les travailleurs et permettre la continuité des activités économiques. Ainsi, face à l’austérité imposée aux dépenses de santé, c’est un système hospitalier affaibli qui a fait preuve de l’efficacité de son engagement dans la prise en charge des malades, contraignant le pouvoir à prêter une oreille attentive aux revendications des travailleurs et travailleuses de la santé. Parallèlement, alors que le droit du travail est remis en cause au nom d’une disparition du salariat prophétisée depuis les années 1990, la structure de l’emploi stable s’est révélée essentielle pour gérer la crise économique. Les syndicats ont à ce titre joué un rôle crucial en négociant des protocoles sanitaires.

Table des matières sur le site de la Dispute : https://ladispute.fr/wp-content/uploads/2023/06/TdM_Face-au-covid-lenjeu-du-salariat.pdf

Giraud Baptiste, Signoretto Camille (dir.), Un compromis salarial en crise. Que reste-t-il à négocier dans les entreprises ?, Vulaines-sur-Seine, Éditions du Croquant, 2023.

Combinant analyse statistique et enquêtes de terrain, cet ouvrage éclaire la situation paradoxale d’une négociation d’entreprise promue comme le nouveau levier de construction du compromis salarial, mais devenue fortement déséquilibrée du fait des transformations du capitalisme, des bouleversements des règles de la négociation et de l’affaiblissement des syndicats. Mais, si les salariés et leurs représentants ont été partout mis sous pression dans leur capacité à négocier les conditions de leur engagement dans le travail, l’ouvrage met aussi en évidence comment varient, en fonction des contextes d’entreprise et de la présence syndicale, les formes de la domination patronale, de la représentation du personnel et la nature des compromis qui y sont négociés. En analysant la crise du compromis salarial, cet ouvrage s’attache en particulier à penser ensemble les métamorphoses du syndicalisme, du capitalisme et de ses modes de régulation.

En version papier ou PDF sur le site du Croquant : https://editions-croquant.org/686-giraud-baptiste-et-camille-signoretto

Yon Karel (dir.), Le syndicalisme est politique, Paris, La Dispute, 2023.

Cet ouvrage collectif de chercheur·euses et militant·es propose, en faisant la synthèse de travaux récents, de rouvrir le débat stratégique dans le mouvement syndical. L’ouvrage revient à la fois sur le grand mouvement social du printemps 2023 contre la réforme des retraites mais aussi sur les répercussions, en particulier dans le champ syndical, du mouvement social inattendu qu’ont constitué les Gilets jaunes, de la nouvelle dynamique féministe ainsi que des nouvelles luttes contre la crise climatique, contre le racisme et contre la gestion capitaliste du travail et de l’emploi. Pour les auteur·ices, ces bouleversements imposent au syndicalisme de redéfinir les formes autant que le périmètre et l’horizon de son action.

Table des matières sur le site de La Dispute : https://ladispute.fr/wp-content/uploads/2023/06/TdM_Le-syndicalisme-est-politique.pdf

[Séminaire] « Transformation du travail et de sa représentation : perspectives comparées » (SYMETT) 2023-2024

Le séminaire SYMETT (Syndicalisme, Méthodes, Théories, Terrains), interne au laboratoire TRIANGLE (CNRS, Université Lyon 2, ENS de Lyon), propose, en partenariat avec des membres du laboratoire MÉTICES (Université libre de Bruxelles), un cycle de séances intitulé « Transformation du travail et de sa représentation : perspectives comparées ».

L’objectif de ce cycle est de discuter, de façon comparée, des formes d’action et de représentation des travailleur.s·euses dans des contextes économiques profondément marqués par des décennies de prédominance du capitalisme financier et de transformation de l’action publique. Plus précisément, mais sans se limiter à ce seul acteur, on s’interrogera sur la façon dont les syndicats font face aux processus de précarisation des emplois, des conditions de travail, à la transformation des entreprises, des formes de production et de circulation des biens et des services.

Retrouvez le programme sur ce lien : https://triangle.ens-lyon.fr/spip.php?rubrique493

Des informations plus précises seront disponibles au cours de l’année sur le carnet du séminaire SYMETT : https://symett.hypotheses.org/

Séminaire de l’Ires le 23/11 : Syndicalisme dans le secteur informel au Sénégal

Le séminaire international de l’IRES reçoit le jeudi 23 novembre Sidy Cissokho (CNRS, CLERSÉ) pour aborder l’un des principaux enjeux du mouvement syndical en Afrique : la syndicalisation des travailleurs du secteur dit « informel ». Pour y réfléchir, il s’appuiera sur l’exemple des travailleurs du transport de passagers au Sénégal. Après être revenu sur quelques-uns des traits spécifiques de l’activité syndicale dans ce secteur, considéré comme emblématique de l’économie informelle en Afrique, il retracera la façon dont la branche transport de la principale confédération syndicale au Sénégal y a acquis une forte implantation durant les années 1990.

Le séminaire aura lieu en présentiel et visioconférence le jeudi 23 novembre 2023 de 10h à 12h. Informations complémentaires et inscriptions : https://ires.fr/evenements/seminaire-international-de-lires/syndicalisme-dans-le-secteur-informel-au-senegal-lexemple-du-secteur-des-transports-23-novembre-2023/

Journée d’Etude “L’expertise auprès des représentants des travailleurs : ruptures et continuité” 14 novembre 2023, Bourg-la-Reine, (ISST et IRES)

L’association des Anciens de Syndex s’est attachée à retracer l’histoire de l’expertise au service des représentants des travailleurs en croisant quatre approches, juridique, syndicale, économique et socio-organisationnelle, avec l’ambition d’éclairer les chemins que l’expertise a empruntés pour parvenir jusqu’à nous.

Cette histoire, restituée sous forme de textes et de courts entretiens filmés, peut être consultée sur le site de l’association, ici : https://anciensdesyndex.fr/

Afin de prolonger ce travail et de l’ancrer dans l’actualité, l’association organise, en coopération avec l’Institut des Sciences Sociales du Travail (ISST) et l’Institut de Recherches Économiques et Sociales (IRES), une journée d’étude sur les enjeux et les tensions de l’expertise auprès des représentants des travailleurs et de son évolution à venir.

Fidèles à l’esprit des journées d’étude organisées à l’Institut des Sciences Sociales du Travail, l’objectif de cette rencontre est de faire intervenir des observateurs et spécialistes provenant de plusieurs disciplines (sociologues, économistes, juristes, etc.) et d’ouvrir le débat au-delà de la seule communauté scientifique, en y associant responsables syndicaux et praticiens de l’expertise, afin de pouvoir nourrir la réflexion d’éléments empiriques et d’expériences concrètes.  

Cette journée sera organisée en deux temps. La matinée sera consacrée à cette histoire de l’expertise et du bilan qui peut en être tiré. L’après-midi portera plus particulièrement sur l’actualité de l’expertise et des mutations en cours, tant d’un point de vue syndical que professionnel.

Un programme détaillé de la journée est disponible ici
L’inscription est possible dès à présent auprès de Adeline Gubler: Adeline.Gubler@univ-paris1.fr  


Colloque “Syndicalisme et Environnement” (31 novembre et 1er décembre 2023). Approches historiques et sociologiques.

Le programme du colloque Syndicalisme et environnement. Approches historiques et sociologiques est désormais disponible en ligne. Vous pourrez retrouver le programme, ainsi que les informations pratiques, sur ce lien :

https://www.ihs.cgt.fr/agenda/syndicalisme-et-environnement-approches-historiques-et-sociologiques-19e-20e-siecles/

Le colloque se tiendra au Campus Condorcet (Aubervilliers), le 31 novembre et 1er décembre. Il rassemble une trentaine de contributions originales d’historiennes et d’historiens, de politistes, de sociologues, et d’actrices et acteurs des institutions de mémoire ouvrière. Ce colloque est co-organisé en partenariat entre l’Institut d’histoire sociale CGT, les laboratoires Pacte, Triangle, et le Centre d’histoire sociale des mondes contemporains.

L’accès est gratuit, mais sur inscription préalable (par courriel : ihs@cgt.fr).

14 avril 2023 à l’ISST de Bourg-la-Reine – Les 5e Rencontres ISST-IRES : Les ordonnances de 2017  : quels effets ? (II)

Les 5e Rencontres ISST-IRES : Les ordonnances de 2017  : quels effets ? (II)

14 avril 2023

ISST 16 Bd Carnot, 92340 Bourg-la-Reine

5e rencontre Isst-Ires

Les 5e Rencontres de l’Ires et de l’ISST qui se tiendront le 14  avril 2023 sur le site de l’ISST à Bourg-la-Reine, constituent la deuxième journée que ces deux instituts souhaitent consacrer aux effets des ordonnances de 2017. Fidèles à l’esprit des journées organisées en commun depuis plusieurs années maintenant, l’objectif de ces rencontres est de faire intervenir des observateurs et spécialistes provenant de plusieurs disciplines (sociologues, économistes, juristes, etc.) et d’ouvrir le débat au-delà de la seule communauté scientifique, en y associant responsables syndicaux et praticiens de la négociation collective, afin de pouvoir nourrir la réflexion d’éléments empiriques et d’expériences concrètes.

Cette deuxième séance met l’accent sur les questions sur la modification des barèmes de licenciement, l’évolution du contenu et des modalités de signature des accords collectifs, les nouveaux types d’accords : APC, RCC.

__________________________________________________

Les ordonnances du 22 septembre 2017 « relatives au dialogue social et aux relations du travail » ont donné lieu à plusieurs évaluations notamment dans le cadre du comité d’évaluation des ordonnances, abrité par France Stratégie. D’autres sont encore à venir. Elles n’ont que partiellement rempli leur office en raison de l’ampleur du « spectre couvert », mais aussi des effets provoqués par la crise de COVID qui en a logiquement ralenti l’application. Six ans après leur adoption, peut-on dresser un bilan plus avancé de leur mise en place dans les entreprises et de leur adoption par les acteurs ? L’enjeu est d’importance car ces ordonnances réforment des aspects majeurs de la relation de travail et du dialogue social et qu’elles modifient de nombreuses dispositions du code du travail.

Examiner les impacts des ordonnances de 2017, c’est interroger leur effectivité mais aussi l’efficacité des mesures qu’elles contiennent, au regard des attentes qui leur étaient associées par le monde politique et économique. C’est en l’occurrence, pour cette journée, questionner les objectifs assignés à ces réformes en matière d’emploi et de contrat de travail, et en particulier ceux visant à : simplifier et sécuriser les procédures de licenciements pour les employeurs avec l’objectif de favoriser l’emploi ; réduire le risque de contentieux et donner plus de visibilité financière aux entreprises en cas de contestation ; et trouver des voies alternatives et sécurisées aux licenciements traditionnels.

Inscription obligatoire auprès de Caroline Aujoulet : contact@ires.fr

ISST, Bourg-La-Reine, 16 Bd Carnot, 92340 Bourg-la-Reine

____________________________________________________

Programme provisoire

9:30 accueil-café
10:00 : Ouverture 

• Stéphanie MEUNIER, Présidente du Conseil d’administration de l’ISST (à confirmer)
• Fabrice COQUELIN, Président de l’Ires

10:15-12:15 Session 1 – Après les ordonnances, quel impact des barèmes ?
Animation :  Catherine VINCENT (IRES)

  • Introduction Emmanuelle PROUET (France stratégie)
  • Raphaël DALMASSO (Univ. Nancy) et Camille SIGNORETTO (Univ. Paris I): l’impact du barème d’indemnités de licenciement sans cause réelle et sérieuse
  • Christophe VIGNEAU (ISST, Univ. Paris I): Les résistances des juges de fond au barème
  • Michel MINE (Cnam) : Le plafond indemnisation en cas de licenciement illégal

      • Points de vue d’acteurs syndicaux
      • Échanges avec la salle

Buffet

14:00-16:00: Session 2 – Après les ordonnances, que changent les APC ?
Animation : Arnaud CASAO (ISST, Univ. Paris I)

  • Antoine NABOULET (France stratégie) : La démarche d’évaluation des ordonnances
  • Mathilde PESENTI (Dares) : Les APC, quels usages ?
  • Hélène CAVAT (Institut du travail, Univ. Strasbourg) : Les enseignements d’une étude empirique sur les APC
  • Christian PELLET (Sextant) : Analyse d’accords APC

      • Points de vue d’acteurs syndicaux
      • Échanges avec la salle

16 :15 Clôture 

 

Portrait de jeune chercheuse : Pauline Grimaud, « Des horaires dérogatoires ordinaires ? Sociologie des conflits et négociations autour du travail nocturne et dominical  »

Pauline Grimaud

Votre thèse, réalisée au sein du Centre de Sociologie des Organisations sous la direction de Jérôme Pélisse, s’intitule « Des horaires dérogatoires ordinaires ? Sociologie des conflits et négociations autour du travail nocturne et dominical ». Qu’est-ce qui vous a intéressé dans ce sujet ?

J’ai souhaité étudier les conflits et négociations autour du travail dominical et nocturne, lequel concerne un nombre croissant de salarié·e·s depuis les années 1980 en France. La progression des horaires généralement qualifiés d’ « atypiques » fait l’objet de nombreux travaux. En particulier, un vaste champ de recherche les appréhende au prisme de l’articulation des temps sociaux dans un contexte où nos sociétés contemporaines exacerbent la tension entre, d’une part, l’impératif grandissant pour les individus de « concilier » différentes activités sociales et, d’autre part, l’extension des horaires atypiques qui accroît la désynchronisation des emplois du temps (Lesnard, 2009).

Toutefois, la plupart des enquêtes sur les horaires atypiques sont aveugles à certaines spécificités du travail de nuit et du dimanche, notamment à la question des rémunérations. Or, les majorations salariales (ou les repos supplémentaires) jouent un rôle essentiel pour que les salarié·e·s acceptent de travailler le dimanche ou la nuit. J’ai donc souhaité étudier ces horaires non seulement au regard de leur atypicité au sens statistique, mais également du point de vue de la régulation dont ils font l’objet à l’échelle nationale comme au niveau des entreprises. En effet, les repos quotidien la nuit et hebdomadaire le dimanche des salarié·e·s ont été institués comme des normes légales dont il est toutefois possible de déroger – et ce, de façon exponentielle depuis 40 ans – si les entreprises respectent certains critères. Dans cette perspective, je me suis intéressée à la manière dont le recours croissant à ces horaires affecte la relation salariale, et en particulier les rémunérations des salarié·e·s ainsi que les relations sociales entre salarié·e·s, syndicats et patronat.

Continuer la lecture